Un niveau incomparable

Arshak Petrosian

sur le phénomène arménien.

 

Texte: Vlad Tkachiev
Photos: Irina Stepaniuk

 

Vladislav Tkachiev: Suite à votre résultat aux Olympiades, toi et Levon Aronian avez été décorés de l'Ordre de St. Mesrop Mashtots. En quoi cette récompense est-elle importante dans ton pays?

Arshak Petrosian: C'est une très haute distinction - Mesrop Mashtops a inventé l'alphabet arménien.

En quoi la réception présidentielle avec l'équipe a t-elle différé de d'habitude?

D'abord, l'équipe entière a reçu L'Ordre du Mérite. Le Directeur Exécutif de la Fédération H. Tavadyan a été décoré de la médaille du 1er degré pour services rendus à la Patrie tandis que le docteur de notre équipe a lui reçu celle du 2ème degré.

J'ai vu que Pashikian et Melkumyan ont voyagé avec vous mais n'ont pas joué - s'occupaient-ils de la préparation théorique?

Arman Pashikian nous a été d'une grande aide échiquéennement parlant alors que Hrant Melkumyan est venu en tant que supporter de l'équipe.

J'en viens à ma question favorite: pourquoi l'Arménie gagne t-elle toujours?

Eh bien, tu dois être patient. D'abord - et c'est la chose cruciale - nous avons une équipe d'amis. Lorsque les gens disent:

“Un pour tous et tous pour un!” – c'est vrai pour nous aussi.

La préparation de la prochaine ronde vous permet de voir le rôle du vrai leader de l'équipe, Levon Aronian qui est toujours prêt à partager son immense savoir avec tous les joueurs. Je ne pense pas que cela soit possible dans les autres équipes. Deuxièmement, une équipe qui gagne tout le temps finit par avoir cet esprit de victoire. Nous pensons pratiquement toujours avoir une chance de l'emporter sans se soucier du déroulement du tournoi. Par exemple, regarde lors du Championnat d'Europe de l'an passé où nous avons partagé la 3ème place et n'avons même pas obtenu de médaille. Après avoir perdu la 2ème ronde, nous avons gagné nos 5 matches suivants comme si rien ne s'était passé et avant la dernière rond enous étions même premiers! Que signifie l'esprit d'équipe? Là à Istanbul, nous nous sommes inclinés face aux chinois et assez rapidement il semblait nous n'avions plus aucune chance car les russes pouvaient gagner tous leurs matches restants. Cependant, nous n'avons pas fait de débriefing et après seulement quelques mots d'introduction nous nous sommes séparés en groupes pour se préparer pour la prochaine rencontre. Nous avons commencé par discuter de qui allait aider qui et comment - une vraie atmosphère de travail. Peut-être voilà les ingrédients du succès bien que je souhaite surtout insiter sur notre ambiance familiale.

As-tu réussi à mettre cela en place ou était-ce déjà le cas avant?

Il y avait déjà les bases d'établies bien que sans un niveau échiquéen insuffisant tout serait néanmoins impossible. Nous avons des joueurs de tout premier plan. Gabriel Sargissian, par exemple a obtenu quelques succès en individuel alors qu'il est un vrai joueur d'équipe. Lorsqu'on on regarde de plus près son jeu, on peut noter un incroyable dévouement durant les compétitions par équipes. c'est vraiment incroyable. Ce sont tous des gens bien et modeste. Bien évidemment, il est également très important que le Président de notre fédération, Serzh Sargsyan soit aussi le Président du pays. Son soutien est très important pour l'équipe et les gars le sentent. Nous lui en sommes très reconnaissants.

Je peux décrire chaque joueur de l'équipe individuellement en commençant par Aronian - il est le vrai leader de notre équipe.

 

Sa volonté d'aider tout le temps tout le monde avec notamment sa préparation dans les ouvertures est vraiment très utile alors que dans le même temps il joue lui-même superbement, gagnant la médaille d'or au 1er échiquier. Sergei Movsesian comme tu peux le voir est le seul joueur qui n'a marqué seulement 50% des points. Cependant, il a gagné deux parties cruciales contre Grischuk et Almasi qui nous ont assuré du titre.

Il a grandement contribué à notre victoire. En principe, notre équipe est plus compacte depuis son arrivée l'année dernière. Nous avons 4 échiquiers de très haut niveau ce qui a été démontré notamment au Championnat du Monde par équipes à Ningbo. Vladimir Akopian qui a remporté la médaille d'argent au 2ème échiquier a joué magnifiquement, gagnant 5 parties et faisant 5 nulles..

Son jeu est toujours très stable. Ensuite, il y a Gabriel Sargissian - le coeur de l'équipe car c'est un mec super qui joue toutes ses parties à fond lors des Olympiades.

J'ai très confiance en lui et je sais que dans chaque partie, il va tout donner quelle que soit sa forme. A Dresde en 2008 il a obtenu le meilleur résultat de tous. Il est la colonne vertébrale de l'équipe. Pour la première fois, cette année, l'équipe était composée des 5 meilleurs joueurs du pays. En effet, selon la règle instaurée par la Fédération les 4 meilleurs élo et le Champion national doivent composer notre équipe. Cela permet de développer les échecs en Arménie car tout le monde sait que s'il devient champion, indépendamment de son classement élo il sera dans l'équipe. Cette année, c'est Tigran Petrosian qui a remporté le titre et il est d'ailleurs le 5ème élo arménien.

Ainsi, nous avions la plus forte équipe de notre histoire. Tigran a également bien joué, marquant 2.5 points lors des 3 premières parties bien que par la suite nous ayions aligné nos 4 meilleurs joueurs.

Comme toujours!

Comme toujours! Mon opinion à ce sujet est très simple:

si tout se passe bien alors je ne change rien. Lorsque tu vas jouer un tournoi individuel en 9 rondes, est ce que quelqu'un te remplace ou demandes-tu à ton voisin de prendre ta place?

Vous êtes la seule équipe à faire cela.

Oui, si rien ne nous y oblige comme si par exemple, quelqu'un tombe malade.

Bien que tu m'aies dit une fois que tu as forcé le regretté Karen Asrian à jouer avec les noirs contre Grischuk en 2006 malgré une fièvre tenace.

Oui. Le jour d'après il a d'ailleurs eu une fièvre élevée et est resté cloué au lit. Il était bien préparé. J'avais confiance en lui et il s'est avéré que j'ai eu raison. Il est clair que jouer pour son équipe nationale procure aux joueurs une plus grande pression psychologique et nécessite donc des remplacements. Cependant, j'ai remarqué une chose: nos joueurs ont un incroyable sens des responsabilités dans leurs parties. Ainsi, si nous sommes dans une bonne dynamique, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de remplacer quelqu'un. Ce fut le cas lors des Olympiades à Bled en 2002. Nous devions gagner notre dernie rmatch 3-1 contre la Géorgie ce qui est une tâche très difficile. Gabriel Sargissian était malade mais j'ai décidé de le faire jouer car j'avais confiance en lui malgré sa température élevée. Et il a obtenu une nulle très importante avec les noirs.

Le concept des secrets entre joueurs n'existe donc pas du tout pour toi?

Non, je peux franchement te dire que nous n'avons pas de secrets entre nous. Avant chaque match, tout le monde décide de ce qui doit être joué - de ce qui sera le plus désagréable pour l'adversaire. Ainsi, nous décidons ensemble d'un plan de préparation après quoi nous nous séparons en plusieurs groupes de travail.

Etais-tu beaucoup concerné par la préparation des ouvertures?

Evidemment. A une époque, lorsque nous n'avions pas de tels ordinateurs, j'ai fait en fait un énorme travail. De nos jours, c'est beaucoup moins car nos joueurs sont très bien préparés mais si on a besoin de quelque chose de précis, je me rends utile. Comment pourrait-il en être autrement?

Les cinq dernières Olympiades ont été remportées trois fois par vous et deux fois apr l'Ukraine. Avant ça, toutes les éditions étaient gagnées par les russes emmenés par Kasparov. Peut-être que le rôle du leader n'est pas limité à celui de bien jouer et à une volonté de partager son savoir? Peux tu nous en dire plus sur la nécessité du sacrifice de soi?

Absolument. Levon n'est pas seulement un leader mais également un modèle pour tous. Il dirige le groupe.

Il me semble que d'autres pays comme la Russie ont aussi de bonnes relations au sein de l'équipe et travaillent pour aider leur formation. La différence vient probablement d'ailleurs et nous devons y regarder plus en détails. Lorsque Movsesian était en train de jouer sa position complètement gagnante contre Almasi, toute la délégation le regardait: les joueurs, les membres de l'équipe féminine et les supporters. Dans le même temps, je pense que seul le capitaine de l'équipe russe, Dokhoian attendait dans le hall que Karjakin termine sa partie contre Fridman. Lors du voyage retour, je n'ai vu aucune caméra ou félicitations à l'aéroport de Sheremetyevo. Pourtant l'équipe féminine a remporté la médaille d'or et les hommes ont partagé la première place.

Je ne connais bien évidemment pas les raisons internes à ce manque de succès de l'équipe russe. Il était évident que cette fois seule la première place les intéressait.

Mais peut-être...après tout, ce n'est pas la première fois que nous sommes récompensés de la sorte. Un avion présidentiel nous a même été envoyé.

Mais est-ce la même chose si vous ne gagnez pas?

Le Président nous rencontre toujours mais évidemment cette fois ci était vraiment particulière. L'équipe a été accueillie de manière exceptionnelle!

 

Il y avait des milliers de gens - nous avons sillonné les rues à partir de l'aéroport en limousines ouvertes. Sur Freedom Square, il était juste impossible d'avancer. Un concert a été organisé puis un discours. Enfin, il y a eu une remise de récompenses sur la place présidentielle.

Combien de stages d'entrainement ont été organisés avant les Olympiades et combien ont-ils duré?

en fait, nous avons eu un seul stage juste avant les Olympiades qui a duré 11 jours. Le début de la journée était consacré au sport: natation, marche dans les montagnes environnantes, tennis de table et parfois tennis, basket et évidemment football. La reste de la journée, vers 16h nous passions aux échecs. Nous avons regardé les ouvertures et résolu des études et positions tactiques.

Je n'ai jamais entendu de la part d'autres équipes qu'ils résolvaient des études ensemble!

Dans ma jeunesse, quand je travaillais avec tigran Petrosian, j'ai vu qu'avant un tournoi, il résolvait des positions du journal letton "Sahs". Il m'a même dit que s'il était capable de trouver toutes les positions c'était qu'il était en bonne forme.

Et est ce que les gars jouent les uns contre les autres?

En blitz! Ppur s'amuser disent-ils. La chose principale est que travailler ensemble avant un tournoi rapproche les joueurs et crée un esprit d'équipe. Vers la fin du stage d'entrainement, le Président du pays nous a rendu visite et nous a souhaité bonne chance. Nous avons donc essayé de ne pas le décevoir.

J'ai d'abord parlé longuement avec Kramnik à propos de vos succès. Bien qu'il ait admis le rôle prépondérant d'un leader et le niveau des joueurs de l'équipe, il a également évoqué trois autres raisons: l'absence de succès dans les autres sports met les échecs sur le devant de la scène; vos joueurs n'obtiennent pas leurs tout meilleurs résultats dans les compétitions individuelles mais se concentrent plutôt sur l'équipe. Et enfin, la troisième raison: l'Arménie a obtenu son indépence que très récemment et les résultats des joueurs aident à confirmer cette nouvelle identité. Es-tu d'accord avec cela?

Les autres sports sont également bien soutenus de nos jours mais les résultats ne sont pas encore à la hauteur des attentes. Vers la fin des années 80, nous avions beaucoup de sportifs de niveau mondial mais après avoir perdu la méthodologie d'entrainement soviétique il parait que nous avons un peu plus souffert. Il ne faut tout de même pas oublié que depuis septembre de l'an passé, les échecs sont devenus obligatoires dans les écoles, de la 4ème à la 2nde. Peu importe où, dans une ville ou dans un village. Les diplômes sont décernés de la même façon que pour la physique ou les maths. Je pense que nous sommes les seuls dans ce cas et c'est absolument dans toutes écoles. après avoir visité récemment l'école de Levon Aronian et Gabriel Sargissian, je peux te dire qu'il y a beaucoup d'enfants talentueux de 10, 12 ans voire même 8 ans. Pour quelqu'un comme moi, avec mon expérience, il est difficile de se tromper à ce sujet.

L'autre argument de Kramnik est politique...Je ne sais pas mais il ne me semble pas que ce soit le cas.


Nous adorons simplement les échecs en Arménie.

Et les mecs, comme je l'ai déjà dit, sont deux fois plus responsables lorsqu'ils jouent pour l'équipe. Ils ne font quasiment jamais de fautes qu'ils auraient peut être commises dans une autre situation.

Lorsqu'on critique l'équipe russe de football, c'est souvent à cause de son manque d'implication. Il apparait cependant que tous tes joueurs à l'exception d'Aronian sont sous-estimés bien qu'ils soient aux alentours de 2700. C'est seulement le top 50 mais vous remportait quand même la médaille d'or.

(lrires) Vladik, que puis-je dire? après tout, 2700 n'est pas un si mauvais classement pour un joueur d'échecs. Il y a l'inflation aujourd'hui mais jusqu'à récemment encore, c'était simplement exceptionnel. Nos joueurs s'impliquent incroyablement en équipe. Il y a une grande resposabilité sur leurs épaules mais ils le gèrent admirablement. Et je le répète, une équipe qui gagne est toujours boostée pour la suite! Nous jouons toujours avec la même composition et il n'y a aucun secret - donc soyez prêts!

Arshak, quelqu'un a t-il déjà évoqué le fait que tu puisses écrire un jour tes mémoires sur tous ces grands succès?

C'est arrivé il y a quelques années mais je ne suis pa sfait pour écrire. Je suis plus une personne pratique et je préfère être là où les choses se passent - préparer les parties et célébrer les victoires. Alors qu'écrire...peut-être suis-je un peu fainéant de ce point de vue. Ou peut-être même pas qu'un peu mais beaucoup!

Peut-on dire aujourd'hui que le métier de joueur d'échecs est attractif pour un jeune et se sparents en Arménie?

C'est possible. Tout le monde voit nos victoires dans ces tournois et comment nous sommes récompensés par l'Etat. Je peux te raconter une anecdote à ce sujet: je suis passé une fois devant un club d'échecs à Erevan devant lequel beaucoup de voitures étaient stationnées. J'étais assez curieux évidemment. Les passants m'ont alors dit que c'était un tournoi B quelconque. Peux-tu imaginer? Les frères, les soeurs et les parents étaient venus pour encourager les joueurs. C'était tout simplement incroyable!

T'est-il parfois difficle de marcher dans la rue sans que l'on ne te reconnaisse?

Oui ça arrive. .

Commandent-ils du champagne pour ta table?

Comment as-tu deviné?

Et pas seulement à Erevan?

Il y a beaucoup d'arméniens un peu partout. Récemment encore, à Erevan, 3 ou 4 groupes de personnes m'ont arrêté en l'espace de 100 mètres pour me féliciter.

Hommes et femmes?

Evidemment. Les échecs féminins se développent très rapidement en Arménie. En général, j'associe toujours la popularité des échecs en Arménie à tigran Petrosian? J'avais moins de 10 ans lorsqu'il joua son match contre Botvinnik. Je me rappelle encore des échiquiers géants sur la place centrale d'Erevan, et des coups transmis par téléphone de Moscou. L'explosion a alors débuté. La même chose est arrivée en Géorgie quand Nona Gaprindashvili est devenue Championne du Monde.

Je pense que vous devez construire un monument à la gloire des échecs à Erevan et obliger chaque VIP à le visiter.

(rires) C'est difficile évidemment pour moi de parler de ce genre de choses. Mais tu dois vraiment voir la vidéo de notre accueil dans les rues de la ville!

Utilisez vous souvent un échiquier pour analyser les positions?

Principalement oui: d'abord sur l'échiquier puis seulement après avec l'ordinateur.

Voilà une nouvelle différence entre vous et les autres équipes!

Pour nous, l'ordinateur n'est utilisé que lorsque nous avons dressé certaines conclusions sur l'échiquier. Bien que parfois on ait besoin de gagner du temps.

J'ai été vraiment impressionné par votre technique au cours des matches. disons que le sort du match soit totalement confus et qu'il reste trois parties. Dans une vous êtes mieux, dans une autre moins bien et dans la troisième c'est égal. Dans ce cas, celui qui a l'avantage - le plus souvent c'est Sargissian - commence à attendre longtemps sans faire quelque chose de concret. Et seulement plus tard, selon le résultat des deux autres parties, il commence à agir. Vous avez perfectionné ça. Cela me rappelle le fameux "Airness" de Mickael Jordan.

Une très bonne question. Je peux te dire qu'aucun des matchs face aux toutes meilleures équipes n'est facile. C'est très rare de gagner facilement. Crois moi, c'est souvent 1.5-1.5 et quelqu'un a la chance de son côte dans la dernière partie. La chance est importante et le temps où l'URSS pouvait aligner trois équipes et gagner la compétition est bien loin désormais. C'est pourquoi je ne crois jamais qu'un match est gagné tant qu'il n'est pas fini même si la position restante est complètement gagnante. Je sais par expérience que tout peut encore arriver. Les nerfs peuvent nous lâcher à tout moment.

T'es-tu inspiré d'entraineurs d'autres sports?

L'équipe arménienne de football a connu son apogée en 1973 quand Ararat a remporté le championnat et la Coupe d'URSS. Le coach de l'équipe était alors Nikita Simonyan, celui qui est aujourd'hui Vice-Président de la Fédération russe de Football. J'étais épâté par sa façon de fabriquer une équipe. En général, je suis toujours attentivement le travail des entraineurs de foot, par exemple en 2000 lors de la Ligue des Champions. Tu vas sûrement rire - c'est pourquoi j'ai toujours aimé Ronaldo, celui qui est aujourd'hui un peu enrobé.

“Toothy”?

“Toothy”. Oui. J'aimais vraiment la façon dont il jouait et tirait au but - pas fort mais précis. Il a alors gagné beaucop de poids et il lui était devenu de jouer au football. Mais quand il jouait, je suivais de près le boiulot des entraineurs. J'essayais de deviner les changements qu'ils allaient faire et je m'imaginais à leur place. Je n'étais pas ainsi tout à fait un spectateur, c'était intéressant.

Je serais curieux de savoir s'ils suivaient tes décisions!

(rires) C'est interdit! Il n'y a pas de comapraison!

Et Aronian tente t-il d'imiter “Toothy”?

(rires) Je ne sais pas. Comme tu le sais, lorsque les choses vont bien pour lui il devient inarrêtable: une course rapide et avec sa main gauche...! A une époque je suivais également le tennis - au début des années 80, à lépoque de Mc Enroe et Connors. J'étais très intéressé également par Agassi. Le tennis est désormais devenu plus une question de puissance et rien n'est resté de cette époque. Evidemment, les échecs ont également beauocup changé avec l'arrivée des ordinateurs.

Pourrais-tu étudier une offre éventuelle de coopération avec une autre équipe?

C'est absolument hors de question!

J'étais, je suis et je serai l'entraineur de l'équipe d'Arménie tant que j'en serai capable.

Cette question n'avait pas besoin d'être posée. Tu aurais même pu l'enlever.

As-tu déjà eu l'idée de préparer quelqu'un susceptible de te remplacer dans le futur?

Non jamais. Je pense que Karen Asrian aurait fait un grand coach pour l'équipe, s'il ne nous avait pas quittés si tôt. Qu'il repose en paix! Il est clair aux yeux de tous qu'il possédait toutes les qualités requises pour être entraineur. Tu dois gérer différentes personnalités au sein de l'équipe et adopter différentes approches avec chacun des membres. La qualité essentielle est la patience.

Avant de répondre à la prochaine question, tu dois oublier un instant ta modestie naturelle. Tu es clairement aujourd'hui le meilleur coach au monde qui...

Ce n'est pas si important. Je dois tous mes titres au succès des gars.